René Moreu est né le 11 novembre 1920 à Nice. Il suit une formation en imprimerie de presse à Marseille. Dans sa jeunesse, il pratique la peinture. Il entre en résistance dès 1940 et prend part aux combats de la libération de Paris. A l’âge de 23 ans, alors qu’il se trouve dans la région de Guérande, en zone interdite, sous l’effet de la fatigue et de la malnutrition, il est frappé d’une grave maladie rétinienne. Cette demi-cécité se révèle être une maladie génétique et elle va bouleverser son regard sur le monde et son rapport à la peinture. A la fin de la guerre, il subit huit opérations. Au bout de quelques mois, les implants placentaires ont renforcé le tissu rétinien et il peut se remettre à peindre. Du bout des doigts, il assemble de la terre, du torchis, des végétaux et divers débris du quotidien pour élaborer un style très personnel.

Dans les années 1960, il réalise des gouaches et des collages, peint dans des couleurs brunes et noires qui donnent naissance aux « Morilles » et aux « Floraisons murales », des formes à contre courant de l’abstraction lyrique et géométrique de l’époque. Elles seront exposées au Salon de Mai, au Musée d’Art Moderne à Paris, entre 1967 et 1974. Il est également sélectionné pour participer au Salon de Mai à la Havane avec Jacques Doucet, Joan Miro, Pablo Picasso et Max Ernst. Après cette période, sa vue s’améliorant, il illustre des ouvrages destinés à la jeunesse pour gagner sa vie. Il travaille pour La Farandole, Le Père Castor, Nathan, Dargaud ainsi que Chapman à Londres et obtient deux fois le prix du meilleur livre pour la jeunesse. Il se consacre également au collage d’objets glanés et de papier qu’il façonne en boulettes. C’est de cette manière qu’il réalise les « Rustiques » puis une série de « Poèmes verticaux » aux couleurs chatoyantes. Viennent ensuite les « Casiers mirobolants » où le tableau devient un véritable jardin. Dans les années 1990, il participe à la création de la revue « L’œuf sauvage » éditée par Claude Roffat. Il reprend aussi la peinture avec les « Jardins noirs » ou le végétal révèle des floraisons étranges et des sortes d’écritures qui se poursuivent par les « Pictogrammes ». Il revient ensuite au collage avec les « Mondes froissés », sortes de monochromes peints sur des supports couverts de reliefs.

René Moreu réside à Vayrac. Depuis les années 2000, d’importantes rétrospectives sont consacrées à ses œuvres, notamment à Toulouse, Compiègne, La Halle Saint Pierre à Paris, le château de Vogüe, le Prieuré de Carennac.

Publications

– Revue « Création Franche » N°34, Mai 2011.

Moreu, René