Émilie Henry est née le 13 août 1977 à Nancy. Elle passe son enfance dans les Vosges. Après un baccalauréat littéraire, elle entreprend des études d’Art Plastique à Strasbourg, à l’issue desquelles elle obtient une licence. Elle découvre l’Art Brut et la collection de Jean Dubuffet dans un cours d’histoire de l’art et cette expression spontanée va tout à la fois la passionner et favoriser une recherche plus instinctive et personnelle. Elle quitte Strasbourg pour Bordeaux où elle prépare un CAP de prothésiste dentaire. Son diplôme obtenu, elle part en Haute Savoie où elle exerce son métier durant cinq années. Puis elle repart pour Bordeaux et entreprend des études universitaires en psychologie jusqu’à la licence. Après trois ans d’interruption, elle intègre un laboratoire bordelais où elle exerce à nouveau son métier de prothésiste dentaire.
Pour créer, elle utilise des matériaux divers dont elle recouvre entièrement la feuille, jusqu’à ce que surgissent des ébauches de créatures fantastiques qu’elle révèle d’un trait fin et précis. Elle privilégie les petits formats, travaille avec des encres sur de vieux papiers ou les pages de son cahier Moleskine, utilise aussi le collage d’éléments glanés dans de vieux livres : sous-marins, organes de l’anatomie humaine, éléments architecturaux, structures de machineries anciennes, etc., qu’elle conserve dans un classeur et choisit au gré des nécessités. Dans ses dessins prédominent les tonalités de brun, jaune, sépia et noir. Les paysages sont baignés d’une lumière lunaire où l’élément liquide, le minéral et la végétation occupent une place prépondérante. Les eaux paisibles où glissent des barques sont entourées de parois rocheuses sur lesquelles se dressent parfois des châteaux gothiques juchés sur des aplombs vertigineux. Quant aux êtres humains, ils semblent statufiés et comme poussés de terre ou ancrés en elle. Ils émergent, solitaires et semblables aux formes minérales érodées du paysage. D’autres dessins sont élaborés à partir d’un fond composé de petits personnages et de visages imbriqués les uns aux autres et qui forment des galettes de dentelle ; en juxtaposition, apparaissent des êtres imposants exécutés à l’encre, dans une manière plus spontanée.
Émilie Henry résidait à Bordeaux où elle est décédée en 2012.

Publications

  • Revue « Création Franche » N°30, Janvier 2009
  • Catalogue « Visions et Créations Dissidentes », Septembre 2008
  • Catalogue « Collection Création Franche – 1989-2010 », Septembre 2010.
Henry, Emilie (1977 – 2012)