Née en 1979, Marie Hénocq  grandit en banlieue parisienne. Dès l’âge de quatre ans, elle se dit fascinée par les bulles, les effets de buée, les auréoles d’essence. Elle commence à réaliser des collages, peint et dessine des arbres et des sous-bois. Elle a dix-neuf ans lorsqu’elle rencontre Jacques Karamanoukian, Stani Nitkowski puis, en 2001, Gérard Sendrey. Ces amitiés vont marquer profondément ses propres recherches. Avec Stani Nitkowski, à Angers, elle fait des enregistrements audio et dessine en sa compagnie. Puis elle découvre la danse Bûto dans laquelle elle trouve un écho à ce qu’elle cherche à retranscrire dans ses dessins : torsion des corps, éclat du regard, gestuelle, état de transe.

Marie Hénocq aime donner vie à des formes organiques, tout en cherchant à restituer une ambiance particulière. Ses sources d’inspiration sont à chercher dans les émotions ressenties au cours de ses voyages. Les rochers des côtes bretonnes constellés de berniques lui évoquent des mamelles auxquelles elle voue une fascination particulière et qui se multiplient dans ses dessins ; elle les compare aussi à des yeux. Sa palette, constituée de bleus et d’orangés rappelle les tonalités des murs et des statues qu’elle a pu voir lors de ses voyages en Inde et en Asie ; elle est enrichie de gammes de vert propres aux eaux stagnantes et aux sous-bois qu’elle affectionne. Cette créatrice s’exprime spontanément sur des supports et avec des matériaux extrêmement variés : elle dessine de manière quasi frénétique au feutre, au stylo bille, à l’encre de Chine sur papier, pratique le collage et le grattage sur photographie et matériaux de récupération. Elle se consacre également à la pyrogravure dont certaines sont rehaussées de couleurs et, enfin, à la peinture sur toile. « Je crache souvent dans mes peintures, la salive est chaude, en ébullition ; le noir adhère d’une façon étrange au liquide et puis, ça me fait complètement saliver de dessiner » précise-t-elle. Le mélange des quatre éléments agit comme un révélateur. Le feu du bois pyrogravé, les volutes de la fumée de cigarette, la salive, la danse des corps distordus, les chevelures hirsutes rappellent sans conteste les expériences de la transe chamanique. Cet état lui permet de se connecter à l’essence de l’univers tout en libérant ses pulsions intérieures.

Marie Hénocq réside au Plessis-Robinson, en région parisienne. Elle exerce le métier de professeur des écoles.

Exposition personnelle

Publications

  • Catalogue « Visions et Créations Dissidentes », Septembre 2004.
  • Revue « Création Franche » N°24, Mars 2005.
  • Catalogue « Collection Création Franche – 1989-2010 », Septembre 2010.
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Hénocq, Marie